L’Art ignore tout,
l’Art est partout
Et comme une mouche, il touche à tout
On m’appelle Gregor le discret. Du moment où
vous ouvrez le contenant, il serait trop tard. Sans y être invité, je deviens
l’intrus invisible qui dérange, survole, et explore tous les recoins de vos
espaces privés et publics.
Ainsi, rien que par un ego Sartrien, je plane
les espaces.
Dans le but de m’assimiler dans les lieux
« sacrés » de l’Art, je me métamorphose en une mouche. Cette
transformation me permet sans la moindre surveillance, ni autorisation, d’avoir
accès aux endroits éminents de l’Art.
Cette action inhabituelle, de caractère
existentialiste, se produit dans un temps et un lieu réels. Elle fait référence
à une esthétique relationnelle. En
fait, sa double dimension matérielle et immatérielle est prévue par la banalité
d’un acte imperceptible de la vie quotidienne.
Il s’agit d’une performance métaphorique qui
s’accomplit par la formulation d’une expérience discrète et improvisée. Elle exprime
l’inversement de l’attitude de l’artiste
Vis-à-vis de son
statut conventionnel. Ici l’artiste et le sujet s’amalgament et deviennent un.
Décontracté de la philosophie de l’art,
c’est-à-dire de l’authenticité, de l’unicité de l’objet, et de sa valeur
matérielle, le sujet tend vers un art immatériel, éphémère qui transforme l’œuvre en une action
temporelle.
À travers cette transmutation, Gregor la
mouche témoigne le détachement poétique et existentialiste du corps de son âme, voir l’œuvre et
son regardeur.
Il s’agit foncièrement d’une expérience
évanescente qui réclame la mémoire de sa propre disparition.
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